Poursuivant mes recherches sur papier, j'ai organisé cette série de tempéra autour de nouveaux protocoles établis sur la base de formats d'imprimerie me permettant de travailler plus librement. L'idée de découper des sortes de patrons pour les utiliser ensuite comme pochoirs ou contre-formes est venue spontanément, dans la suite logique de mes découpages/collages des séries précédentes ( Run On Magister, Peliculas, ou The Missing Part).
Ces compositions sont volontairement simples, faites de courbes au caractère organique, alliant fluidité et sensualité. Je n'y mets aucune narration, si ce n'est peut-être le souvenir de la magnificence des méandres du Fleuve Charente, lequel, cet été 2025, m’a particulièrement enchantée.
Le choix restreint du noir et parfois du rose, met l'accent sur l’accumulation des gestes, le déploiement de la forme, le jeu des réserves, créant ainsi un terrain graphique où la peinture – faite de stries, de mouvements circulaires et de superpositions- donne une impression de volume, presqu’un espace sculpté, composé de vide et de plein, de retournement entre figure et fond.
Lorsque tout est placé, les formes s’articulent, oscillent, négocient, se développent, révélant une certaine séduction.
Travailler ainsi avec ces "filtres" me permet de mettre à distance mes propres réflexes et repousser mes intentions pour être au plus passionnant de la création : surprise, inconnu, inattendu, liberté du lâcher-prise, détachement de l'affect.
Tempéra sur papier recyclé.
"Enlace-moi", 120x80 cm.





















